Serie mit 45 Fotos, acrylkaschiert, 45 x 30 cm
gesamt 5,30 x 1,50 m

series of 45 photos, acrylic glass laminated,
in total 5,30 x 1,50 m

Edition: 5+1 Ex.

Ausstellung | exhibition
POLLEN, Monflanquin/France, 2018

Presse | press
TV 7 „Champs Libres“ #202, 25. Februar 2019
La Depeche, 11. Oktober 2018
Journal SUD OUEST, 10. Oktober 2018
Le Petit Journal, 5. Oktober 2018

Refuges Perchés – Palombières

DE

Der Wald ist ein mythischer Sehnsuchtsort, ein Hort scheinbar heiler, Seelen heilender Natur. Doch auch im Südwesten Frankreichs ist der Wald geschrumpft auf wenige Inseln inmitten intensiver Landwirtschaft. Auf diese Oasen ziehen sich die Paloumayres zurück – im normalen Alltag Menschen aus allen Bevölkerungsschichten. Sie entfliehen temporär ihrer Alltagswelt in den Freiraum einer Gegenwelt. Sie verbinden sich mit dem Wald, um dem Jagdwild auf Augenhöhe begegnen zu können. Dazu schaffen sie sich ihre eigene kleine Wildnis als eine Art widerspenstigen Akt gegen gesellschaftliche Normen und Zwänge. Es ist eine Rebellion gegen die Realität und eine triebhafte Verbindung zum Urwüchsig-Kreatürlichen.
Den Mittelpunkt bildet die Palombière. Dieser Bau wird für die Paloumayres zur Lebensaufgabe. Das stets unfertig erscheinende, rastlos wuchernde Gebilde mit undefinierbarer Geometrie ist in seiner mystischen Erscheinung eine Architektur der Anarchie, emporgereckt bis über die Wipfel der umstehenden Bäume. In ihrer Imperfektion verkörpert sie die perfekte Improvisation, zusammengestückelt aus Fundstücken und Restmaterialien. Ein verhüllter Aufgang, ein versteckter Fahrstuhl und getunnelte Gänge in mehrere Richtungen verwurzeln den Bau mit dem Waldboden und verlieren sich in der gestalteten Wildnis. Die dabei entstandene Vielfalt der Materialien, Formen und Konstruktionen ist beeindruckend. Die variantenreichen Gehäuse verschmelzen zuweilen so kongenial mit dem Wald, dass wohl weniger von Bauformen als vielmehr von Wuchsformen gesprochen werden sollte.
Die Palombière ist ein bewohnbarer Gemeinschaftsbau mit voll ausgestatteter Küche im Zentrum. Sie entsteht in Zusammenarbeit von Freunden und steht für deren Zusammenhalt. Sie ist gastlicher Ort der Einkehr und Symbol des Miteinanders bei Wein und gutem Essen. Doch zugleich ist sie tödliche Falle. Ihre ursprüngliche Zweckbestimmung dient der Jagd auf die Schwärme der Ringeltauben (Palombe) Nordosteuropas auf ihrem Weg ins spanische Winterquartier. Aus einer alten Tradition entwickelte sich im letzten Jahrhundert diese extrem aufwendige Jagdtechnik. Das über Seilzüge fernbedienbare Netz mit lebenden Lockvögeln ähnelt mehr dem Angelsport als der Jagd. Dabei ist die gemeinsame Tätigkeit an sich längst viel wichtiger geworden als die Fangquote. Für Außenstehende ist eine derartige Negativbilanz mit Vernunft nicht vereinbar.
Als Künstler und Bauforscher faszinieren mich diese dilettantisch-genialen Wildwüchse unkontrollierter Baukunst immer wieder aufs Neue. Sie bilden den nonkonformen Gegenentwurf zu unserer hoch technisierten Welt. Mit ihrer kraftvollen Formensprache können einige durchaus als antiakademische Werke der Art brut gesehen werden. Deshalb habe ich mein 2008* begonnenes Projekt 2018 weitergeführt und mich erneut wie ein Paläoanthropologe durch das Gestrüpp Aquitaniens geschlagen, über 80 dieser Palombières aufgesucht und für diese Ausstellung fotografisch und filmisch erschlossen – Silence, palombière!

* Siehe auch den Katalog zur Ausstellung „Hors de Portée“, Roland Fuhrmann 2008, édition [POLLEN] in Monflanquin, Frankreich als PDF

 
FR

La forêt : lieu mythique, propice à la nostalgie, un refuge où l‘âme retrouve les vertus guérisseuses et salvatrices de la nature. Dans le sud-ouest de la France, la forêt s‘est elle aussi réduite à quelques îlots au sein de l‘agriculture intensive. Les paloumayres de toutes classes et de toutes conditions se retirent dans ces îlots, fuyant temporairement leur quotidien pour gagner l’espace de liberté d‘un monde parallèle. Connectés avec la forêt ils renouent avec la nature pour se confronter au gibier. Isolés au cœur de la nature, dans de petites enclaves, ils entrent en résistance contre des normes et contraintes sociales. C‘est une rébellion contre la réalité et un retour instinctif vers l‘animal.
Au centre de ces enclaves, les palombières deviennent un véritable espace vital pour les paloumayres. Perpétuellement en devenir, ces structures indéfinies, inachevées, toujours croissantes, géométriquement indéfinissables, et aux accents mystiques, imposent leurs architectures anarchiques et grimpantes jusqu‘au sommet des arbres; une parfaite improvisation à partir d‘objets et matériaux de récupération, riche de leurs imperfections. Un escalier voilé, un ascenseur caché et des couloirs-tunnels dans plusieurs directions enracinent la construction dans le sol de la forêt jusqu‘à la rendre invisible. La diversité des matériaux employés débouche sur une multitude de formes et de constructions qui se fondent parfois si bien dans la forêt qu‘on pourrait presque croire qu‘elles y ont poussé.
La palombière est un espace commun habitable agrémenté souvent d‘une cuisine équipée. Réalisée entre amis elle est le témoin de leur cohésion. C‘est un observatoire accueillant, convivial où bon vin et bonne chère ont leur place. C‘est aussi un piège mortel. Son but premier reste de chasser le pigeon ramier (la palombe) lors de sa migration du nord-est de l‘Europe vers ses quartiers d‘hiver espagnols. Cette technique de chasse extrêmement élaborée s‘est développée au siècle dernier à partir d‘une tradition ancienne. L‘utilisation de filets commandés à distance et d‘oiseaux vivants comme leurres l‘apparenterait à la pêche plus qu‘à la chasse. Les important quotas prélevés, au nom de ce qui reste dans le sud-ouest un loisir et une activité traditionnelle, débouchent sur un bilan jugé négatif et déraisonnable par les non-initiés.
Artiste et chercheur dans le domaine de la construction, je suis fasciné par le développement sauvage de ces architectures ingénieuses et spontanées. Les palombières représentent une alternative à notre monde hautement technologique. Leur langage formel puissant leur confère un statut d‘œuvres antiacadémiques d‘art brut. Comme un paléoanthropologue j‘ai poursuivi en 2018 un projet commencé en 2008*, en visitant plus de 80 palombières et en dressant un panorama photographique et cinématographique qui a été présenté lors de l‘exposition – „Silence, palombière !“

* Voir aussi le catalogue de l‘exposition „Hors de Portée“, Roland Fuhrmann 2008, édition [POLLEN] Monflanquin, France, comme PDF